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L'accessibilité des contenus vidéo, en pratique
Une méthode pour concevoir des vidéos que chacun peut suivre : ce qu'il faut prévoir autour de l'image et du son, ce que disent les référentiels, et comment vérifier le résultat.
Ce qu'une vidéo peut empêcher de comprendre
Une vidéo passe par l'image et le son : qui ne perçoit pas l'un des deux perd une partie du savoir. Rendre vos vidéos accessibles aide aussi ceux qui regardent sans le son, et cela se prévoit dès le départ.
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Une vidéo transmet un savoir par deux canaux à la fois, l'image et le son. Quiconque ne perçoit pas l'un des deux, ou ne peut pas manipuler le lecteur, perd une partie du contenu, parfois l'essentiel.
Les personnes sourdes ou malentendantes n'entendent pas le commentaire. Les personnes aveugles ou malvoyantes ne voient pas le schéma que l'intervenant montre du doigt. Les personnes qui naviguent au clavier, ou avec une aide technique, butent sur un bouton de lecture qu'elles ne peuvent pas atteindre.
Les mêmes obstacles gênent aussi ceux qui regardent sans le son, dans une langue qui n'est pas la leur, ou qui cherchent un passage précis. L'accessibilité sert donc tout le monde, et elle se prévoit dès la conception d'un contenu, pas après sa publication.
Ce qui doit accompagner chaque vidéo
Quatre éléments accompagnent chaque vidéo pour que tous la comprennent. Les sous-titres automatiques sont un bon début, mais se relisent ; un intervenant qui dit ce qu'il montre réduit beaucoup le besoin de décrire l'image après coup.
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Quatre éléments rendent le contenu lui-même accessible, et aucun ne remplace les autres.
Les sous-titres générés automatiquement sont un bon point de départ, mais ils se relisent, surtout pour les noms propres, les sigles et les formules. Un intervenant qui décrit à voix haute ce qu'il montre, plutôt que de dire « comme vous le voyez ici », réduit beaucoup le besoin d'audiodescription.
| Élément | À qui il sert | Ce qu'il faut vérifier |
|---|---|---|
| Sous-titres | Personnes sourdes ou malentendantes, visionnage sans le son, public d'une autre langue | Synchronisés et relus, avec les noms propres et les termes techniques exacts, et les indications sonores utiles à la compréhension |
| Transcription | Personnes sourdaveugles qui lisent en braille, lecteurs pressés, recherche dans le contenu | Texte complet et structuré, proposé à côté de la vidéo, qui reprend aussi ce qui s'affiche à l'écran |
| Audiodescription | Personnes aveugles ou malvoyantes | Description des informations visuelles qui ne sont pas dites : schémas, textes à l'écran, gestes, changements de scène |
| Documents associés | Tous les publics, en particulier les utilisateurs de lecteurs d'écran | Diapositives et supports eux-mêmes accessibles : titres structurés, textes alternatifs des images, contrastes suffisants |
Un lecteur et une page que chacun peut utiliser
Le lecteur vidéo et sa page doivent eux aussi être utilisables par tous. Chacun doit pouvoir lancer, arrêter et activer les sous-titres au clavier ou avec un lecteur d'écran, sans son imposé au démarrage ni clignotement.
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Un contenu accessible ne sert à rien si le lecteur ne l'est pas. Toutes les commandes doivent pouvoir s'atteindre et s'activer au clavier, dans un ordre logique, avec un repère visible sur l'élément actif.
Chaque bouton porte un nom que les lecteurs d'écran annoncent, « lecture », « sous-titres », « plein écran », et pas seulement une icône. Les sous-titres s'activent en un geste, et leur taille comme leur contraste restent lisibles.
La vidéo ne démarre pas seule avec le son, ou bien elle s'arrête facilement. Elle évite les clignotements rapides, qui peuvent provoquer des crises chez les personnes épileptiques. La page qui l'accueille, sur un site ou dans une plateforme de formation, suit les mêmes règles : un titre explicite, une structure claire, un accès direct à la transcription.
Côté produit, Mediasite annonce un lecteur qui prend en charge les lecteurs d'écran et les raccourcis clavier. Un outil bien équipé ne dispense pas pour autant de régler, de relire et de vérifier.
RGAA et WCAG : les deux référentiels
Deux référentiels disent ce qu'une vidéo accessible doit offrir : les règles publiées pour le web, et leur déclinaison française, qui ajoute une méthode de test. Avant un audit, on précise toujours quelle version s'applique.
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Les WCAG, pour Web Content Accessibility Guidelines, sont les règles d'accessibilité des contenus web publiées par le W3C. Elles reposent sur quatre principes : un contenu doit être perceptible, utilisable, compréhensible et robuste. Leurs critères se répartissent en trois niveaux, A, AA et AAA, et le niveau AA sert le plus souvent de cible.
Pour la vidéo enregistrée, les WCAG demandent des sous-titres et, au niveau A, une audiodescription ou une alternative textuelle complète ; au niveau AA, l'audiodescription elle-même. Pour le direct, elles demandent des sous-titres à partir du niveau AA.
Le RGAA, Référentiel général d'amélioration de l'accessibilité, est le référentiel français. Il s'appuie sur les WCAG et leur ajoute une méthode de test, critère par critère, qui rend les audits comparables. Les organismes qui y sont soumis publient une déclaration d'accessibilité, qui indique le niveau de conformité atteint et les contenus non accessibles.
Ces référentiels évoluent : avant un audit, on précise toujours la version retenue.
Vérifier une vidéo, point par point
Une première vérification se fait sans outil particulier, par l'équipe qui publie les contenus.
Couper le son
La vidéo reste-t-elle compréhensible avec les seuls sous-titres ? Les termes techniques y sont-ils justes ?
Fermer les yeux
Le commentaire suffit-il à comprendre ce qui s'affiche ? Sinon, une audiodescription ou une transcription enrichie est nécessaire.
Poser la souris
Peut-on lancer, arrêter, avancer, activer les sous-titres et passer en plein écran au seul clavier, en voyant toujours où l'on se trouve ?
Écouter un lecteur d'écran
Chaque commande est-elle annoncée par un nom clair ? La page présente-t-elle un titre, des intertitres et un lien vers la transcription ?
Ouvrir les documents associés
Les supports téléchargeables se lisent-ils avec un lecteur d'écran, avec des images décrites et des contrastes suffisants ?
Faire auditer, et connaître les limites
Une liste de contrôle repère les obstacles ; seul un audit mesure la conformité, contexte par contexte. Nous ne proposons pas de description sonore des images : quand une vidéo en a besoin, elle se produit ailleurs.
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La liste de contrôle repère les obstacles visibles, mais elle ne mesure pas une conformité. Un audit d'accessibilité applique le RGAA ou les WCAG à un échantillon de contenus, ou au dispositif complet : les vidéos, le lecteur, la page ou le LMS qui les présente, les documents associés.
La conformité d'un dispositif ne se déduit jamais de celle d'un outil. Elle dépend de ce qui est publié, de la qualité des sous-titres, des descriptions, des pages, et elle se vérifie contexte par contexte.
Une limite, à dire clairement : nous ne proposons pas d'audiodescription. Quand une vidéo en a besoin, il faut prévoir une version décrite ou une alternative textuelle complète, produite par ailleurs.
Pour faire auditer vos contenus ou votre dispositif, notre démarche d'audit est décrite sur notre page consacrée à l'accessibilité des contenus pédagogiques.