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Mesurer l'usage réel des formations

Une méthode pour mesurer ce que vos contenus de formation apportent réellement, au-delà des inscrits et de la complétion, et pour poser un calcul du retour sur investissement sans chiffre inventé.

Ce que les chiffres habituels disent, et ce qu'ils taisent

Le nombre d'inscrits dit qu'une formation fonctionne, pas qu'elle sert. Ce guide vous aide à savoir quels contenus sont utilisés, cherchés ou délaissés, pour décider quoi garder, corriger, réutiliser ou retirer.

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Nombre de formations, nombre d'inscrits, taux de complétion : les équipes de formation connaissent en général ces indicateurs. Ils disent qu'un dispositif fonctionne, pas qu'il sert.

Ils laissent de côté l'essentiel : quels contenus sont réellement utilisés, lesquels sont recherchés, lesquels ne le sont jamais, lesquels vieillissent, où les apprenants abandonnent, quelles connaissances manquent, et ce qui pourrait être réutilisé plutôt que recréé.

Répondre à ces questions ne relève pas du simple reporting. Il s'agit de piloter un patrimoine de formation, en décidant ce que l'on garde, corrige, réutilise ou retire.

Sept questions à poser à vos contenus

Commencez par deux ou trois questions liées à une décision proche, comme renouveler un catalogue. Un contenu très cherché, mais peu vu, est sans doute difficile à trouver ; un contenu que personne ne cherche ni ne regarde pose la question de son maintien.

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Chacune de ces questions appelle une donnée précise. Le tableau indique ce qu'elle révèle, et où la chercher.

Inutile de toutes les poser d'emblée : mieux vaut commencer par deux ou trois questions liées à une décision attendue, comme renouveler un catalogue, refondre un parcours d'accueil ou arbitrer un budget de production.

Les réponses se lisent ensuite ensemble. Un contenu très recherché, mais peu consulté, est sans doute difficile à trouver. Un contenu très consulté, mais souvent abandonné, mérite d'être repris. Un contenu ni recherché ni consulté pose la question de son maintien.

QuestionCe qu'elle révèleOù chercher la donnée
Quels contenus sont réellement utilisés ?Ce qui sert, au-delà de ce qui est publié ou rendu obligatoire.Consultations par contenu, par période et par population.
Quels contenus sont recherchés ?Les besoins des collaborateurs, exprimés dans leurs propres mots.Requêtes du moteur de recherche interne, y compris celles restées sans résultat.
Quels contenus ne sont jamais utilisés ?Ce qui peut être retiré, regroupé ou mieux signalé.Contenus sans aucune consultation sur une période donnée.
Quels contenus deviennent obsolètes ?Ce qui risque de transmettre une information dépassée.Date de dernière révision, responsable désigné, procédures modifiées depuis.
Où les apprenants abandonnent-ils ?Le passage trop long, trop dense ou placé trop tôt dans le parcours.Points de sortie dans une vidéo ou un module, étapes non terminées.
Quelles connaissances manquent ?Les sujets demandés pour lesquels rien n'existe encore.Recherches sans résultat, questions récurrentes adressées aux experts.
Qu'est-ce qui pourrait être réutilisé ?Ce qui existe déjà, et que l'on s'apprête à produire une seconde fois.Inventaire des contenus par sujet, consulté avant toute nouvelle production.

D'où viennent les données

Vos outils enregistrent déjà ce qui est consulté, mais chacun ne voit que sa part. Rapprochez-les sans ajouter de saisie manuelle, et lisez les chiffres de façon globale : on mesure les contenus, pas les personnes.

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Les plateformes de formation, les vidéothèques et les espaces documentaires produisent déjà des traces d'usage. Certaines vont loin : Mediasite, par exemple, suit le visionnage pour chaque vidéo, utilisateur, présentateur, catalogue, playlist et serveur, et ses cartes thermiques de l'audience montrent les points forts de l'engagement comme les points de chute.

Chaque outil ne voit pourtant que sa part. Le LMS connaît les inscriptions, la plateforme vidéo le visionnage, l'intranet les recherches ; répondre aux sept questions demande de rapprocher ces sources, sur une même période et un même périmètre.

Autant que possible, les chiffres se relèvent dans les outils existants. Une mesure qui repose sur des saisies manuelles supplémentaires tient rarement dans la durée.

Mesurer l'usage des contenus n'est pas évaluer les personnes. Les données se lisent de préférence agrégées, dans le respect des règles de protection des données de l'organisation.

Constater ou estimer : deux natures de chiffres

Certains chiffres se constatent, d'autres s'estiment : ne les mélangez jamais. Une estimation s'accompagne de ses hypothèses écrites, pour que vous puissiez la discuter, ou la refuser.

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Certaines grandeurs se constatent : consultations, durées de visionnage, coûts engagés, nombre de contenus produits. D'autres s'estiment seulement, comme le temps qu'un contenu réutilisé a évité de reproduire, ou le temps gagné à retrouver une procédure.

Les deux ont leur place, à condition de ne jamais les confondre. Une estimation s'accompagne des hypothèses qui la fondent, écrites pour que le décideur puisse les discuter, et les refuser.

Une mesure honnête dit aussi ses limites. Un contenu consulté n'est pas forcément compris, et un contenu rarement ouvert peut rester indispensable, comme une procédure d'urgence.

Poser une méthode de calcul du retour sur investissement

Un retour sur investissement ne s'annonce que s'il peut être vraiment calculé. Sa méthode s'écrit avant tout chiffre, pour que le résultat ne puisse pas orienter les hypothèses.

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Un ratio de retour sur investissement ne se présente que s'il peut être objectivement calculé. Avant tout calcul, cinq éléments s'écrivent, et se font valider par ceux qui décideront.

Ces éléments forment la méthode. Ils se rédigent avant de relever le moindre chiffre, pour que le résultat ne puisse pas orienter après coup le choix des hypothèses.

Le périmètre

Quels dispositifs, quels contenus, quelles populations. Un périmètre flou rend n'importe quel résultat défendable, et donc aucun.

La période

La période observée, et la période de comparaison. Elle doit couvrir les variations d'usage connues, comme les campagnes de formation obligatoire ou les vagues d'arrivées.

La situation de départ

Ce que coûtait et produisait l'organisation avant le projet, décrit avec les mêmes indicateurs. Sans elle, aucun écart ne peut être attribué au projet.

Les hypothèses

Chaque valeur estimée, avec sa justification et son origine. Une hypothèse écrite peut être contestée et corrigée ; une hypothèse implicite fausse le calcul sans que personne ne le voie.

Les coûts et les gains, séparés

Les coûts engagés d'un côté, les gains constatés et les gains estimés de l'autre, chacun avec sa nature. Si les gains ne peuvent être que supposés, on présente les indicateurs d'usage, et aucun ratio.

Faire servir la mesure

Une mesure ne vaut que si elle change une décision : garder, corriger, réutiliser ou retirer un contenu. Avant d'en produire un nouveau, vérifiez ce qui existe déjà, et fixez vos indicateurs avant le lancement.

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Une mesure n'a de valeur que si elle change une décision. Pour chaque contenu ou parcours, les données conduisent à l'une de quatre suites : le garder, le corriger, le réutiliser ailleurs, ou le retirer.

Une recherche fréquente sans résultat devient un contenu à produire ; un module jamais consulté se retire, ou se signale mieux ; un passage souvent quitté se reprend.

La même lecture vaut pour la production : avant de lancer un nouveau contenu, vérifier ce qui existe déjà sur le sujet, qui l'a produit et s'il peut être mis à jour, évite de recréer ce que l'organisation possède.

Les indicateurs, leur fréquence de relevé et leur responsable se fixent avant le déploiement d'un dispositif, pas après. C'est ce qui permet ensuite de comparer.

Pour concevoir ces indicateurs et cette méthode de calcul avec vos équipes, nous proposons un accompagnement dédié, présenté dans Mesure & ROI.